Retour d’expatriation : la réussite passe aussi par le conjoint
Pourquoi le conjoint est-il un acteur important pour un retour réussi ? Quelles difficultés éprouve-t'il ? Comment peut-il se réadapter à son nouvel environnement et retrouver une activité professionnelle ? Bénédicte de Langre, fondatrice de la société Homing, accompagne les conjoints expatriés pour un retour en douceur.
Atterrir en douceur dans son pays après une expérience à l’étranger, c’est réaliser que l’on doit le regarder sous un nouveau prisme, apprendre à se le réapproprier en le décryptant différemment. Pour minimiser le « choc » du retour, le conjoint joue un rôle primordial. Souvent seul et isolé, il peut se faire accompagner par des spécialistes.
Bénédicte de Langre, fondatrice de Homing, une société spécialisée dans le coaching du retour d’expatriation, nous explique comment elle aide les conjoints à se ré-adapter rapidement à l’environnement culturel qu’ils retrouvent et à la reprise d’une activité professionnelle.
ALB : Pourquoi éprouve-t-on des difficultés à revenir dans son propre pays?
Bénédicte de Langre : L'expatriation est une expérience très forte d'adaptation et de croissance personnelle. Pendant le séjour à l'étranger, le pays d'origine change aussi. Le choc culturel vient de ce double changement. Par ailleurs, on a souvent eu à l'étranger des responsabilités doublées d'autonomie, un statut valorisant, une appartenance à une communauté solidaire, et il faut revenir soudainement à un statut ordinaire et anonyme.
ALB : Quelles sont les difficultés du conjoint en particulier?
BDL : En même temps que la réinstallation familiale, le conjoint de l'expatrié - qui est Madame dans 95% des cas, c'est pourquoi nous emploierons le féminin - doit encore :
- s'assurer de la bonne réadaptation de chacun des membres de la famille ;
- réaménager son rôle familial et retrouver un statut social qui lui soit propre ;
- se refaire une place professionnelle le cas échéant, avec sur son CV une interruption de parcours qui lui semble représenter un handicap au recrutement, surtout sur un marché de l'emploi frileux par rapport aux itinéraires atypiques. Et tout cela, le plus souvent sans aide extérieure.
ALB : Comment préparer son retour?
BDL : D'abord se préparer à refaire connaissance avec son pays et sa culture, avec patience: la transition sera d'autant plus fructueuse qu'elle se sera faite en douceur. C'est là le rôle primordial du conjoint, dont dépendra la réadaptation réussie pour toute la famille. On peut aussi déjà repérer les cabinets de consultants spécialisés dans l'aide aux expatriés.
ALB : Qu'est-ce qu'un retour réussi?
BDL : C'est retrouver ses marques dans son propre pays et y retrouver une place qui nous convienne, socialement, et professionnellement quand on le souhaite. Cela suppose une réflexion sur la place que l'on souhaite occuper et les moyens d'y parvenir.
ALB : Quelles clés donneriez-vous pour que le retour ne soit pas un cauchemar, mais l'aboutissement d'une expérience enrichissante?
BDL : Comme toute transition, c'est une période inconfortable, qui peut durer entre 3 et 9 mois. Je recommande, une fois l'installation faite, d'identifier ses nouvelles priorités et motivations, et de se donner les moyens de les mettre en action. Pour cela, l'accompagnement d'un professionnel du bilan de compétences et de la recherche d'emploi rend la réintégration personnelle et professionnelle plus rapide et efficace. Il permet de gagner du temps et de l'énergie, ce qui est précieux!
ALB : Pourquoi vous êtes-vous spécialisée dans le coaching du retour, et notamment celui du conjoint?
BDL : C'est de l'expérience qu'est née mon activité actuelle: après 7 ans l'étranger, le retour en France m'a prise par surprise, et m'a laissée totalement désenchantée quelque temps. Je ne comprenais pas pourquoi il était si difficile de se ré-intégrer culturellement et professionnellement. Faisant l'enquête autour de moi, je me suis rendue compte que ce constat était largement partagé par les expatriés.
ALB : Comment aidez-vous le conjoint à se ré-adapter à son environnement culturel et à retrouver une activité ?
BDL : Je lui propose un bilan de compétences spécifique, qui lui permet de surmonter le choc culturel rapidement mais en douceur à la fois, de faire le bilan de l’expérience expatriée et du parcours tout entier pour se donner un nouvel élan et de se repositionner à partir de ces conclusions.Ainsi, le conjoint d’expatrié positive le retour et reprend son parcours en mains.
ALB : Pouvez-vous nous donner quelques exemples de conjoints que vous avez accompagnés dans leur retour en France ?
BDL : Je peux vous citer deux exemples. Le premier est celui d’Elisabeth qui est revenue en France à Noël 2011, après avoir passé 9 ans à l'étranger. Ses enfants devenus autonomes, elle souhaitait reprendre une activité professionnelle, mais à 48 ans et avec une telle césure dans son parcours bancaire, elle ne savait pas comment faire.
La démarche qu'elle a entreprise chez Homing lui a permis de se repositionner avec succès, toujours dans la banque mais comme conseillère en gestion de patrimoine, métier qui prend en compte les compétences qu'elle a développées à l'expatriation.
Le second exemple est celui de Anne, revenue de 3 ans en Chine l'été 2011. Elle ne savait pas quelles seraient ses chances, en France, de rebondir sur l'activité qu'elle a exercée à l'étranger, son hobby depuis toujours: le théâtre. En même temps, elle se demandait s’il n’était pas plus prudent de reprendre sa carrière en agence de communication là où elle en était avant de partir… Mais ces 3 années d'interruption la rendaient-elles encore crédible?
Avec l'éclairage de son consultant chez Homing, elle compare pour chacun de ses domaines de compétences la faisabilité d'un projet. Six mois après son retour, elle a déjà trouvé un temps partiel qui allie sa passion et ses compétences professionnelles, et elle a mis en place une stratégie de recherche active pour compléter ce job quand sa vie familiale le lui permettra.
ALB : Quels sont les outils et la méthodologie que vous utilisez pour accompagner le retour des conjoints?
BDL : J'ai adapté les méthodes de bilan approfondi des compétences et de coaching aux situations de retours d'expatriation, plus particulièrement pour les conjoints. Je les ai enrichies au fur et à mesure de mes 10 années d'expérience de réintégrations et repositionnements professionnels d'expatriés. Ainsi, l'expatriation n'est plus une parenthèse, mais une pièce du puzzle qui s'imbrique parfaitement dans l'ensemble du parcours; le retour devient un formidable tremplin vers d'autres réalisations.
Contact HOMING :
Bénédicte de Langre - bdelangre [at] homing [dot] tm [dot] fr
Encadré
Bénédicte de Langre est diplômée de Rouen Business School, option Affaires Internationales et d’un Master en Ressources Humaines à l'Institut de Gestion Sociale Paris, avec une spécialité Gestion des Carrières. Après avoir travaillé au sein des activités internationales de grandes entreprises, elle interrompt sa carrière pour suivre son mari en Asie puis à Londres. De retour en France, en 2002, elle devient consultante en bilan de compétences pour les expatriés de retour avant de créer sa société, Homing.
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expatbresil1 jour 15 heureset bon vent. -
Sophie Deram2 semaines 5 joursMerci pour ce témoignage. La culture bréslienne est muito "doce", dans tous les sens du terme!... -
messerins2 semaines 6 joursJ'ai lu votre article avec beaucoup d'intérêt à travers le prisme de ce que nous avons observé au... -
robert5 semaines 1 jourExpérience avec Ubifrance sur un développement au Brésil en 2012, insatisfaction totale avec leurs... -
darius10005 semaines 5 joursUn très grand chanteur
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Pierre06/05/2013Bonjour Monsieur, je rentre de mission et après 2 jours de longs sommeil et je découvre avec intérêt votre réponse, je vous en remercie bien... -
sachadee03/05/2013Voilà pour clore le sujet et les illusions de BrigitteM !!! Mistercolibri c'est fini au Brésil avec des milliers de personnes qui ont perdu des... -
ALBinfos03/05/2013Lisa, Vous avez bien compris les conditions d'obtentions d'un visa stagiaire étudiant. Si votre école n'est pas affiliée à une université brésilienne...
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Nicko14/04/2013Bonjour à tous, 4 années passées au Brésil ont été suffisantes pour me faire apprécier ce...


Bonjour!
Très intéressant le coaching proposé par Homing. J’ai eu l’opportunité d’avoir les trois regards sur le sujet comme, RH, Amie et personnelle et je peux bien comprendre le besoin pour un accompagnement professionnel. Après 8 ans d’expatriation en France et Belgique le retour au Brésil avec une famille, deux enfants et enceinte du troisième était un moment avec plein des questions et décisions à prendre.
Heureusement, j’ai réussi à trouver une recolocation en alliant mes expériences professionnelles et personnelles à l’étranger. Expat Brazil est né et je suis très contente. Bonne continuation !
Adiane