Les fêtes de "Iémanja" inscrites au Patrimoine Culturel Carioca

Reine des Océans, Iémanja est célébrée chaque année sur le littoral carioca et bahianais. Le maire de Rio, Eduardo Paes, vient de faire inscrire la fête de Iémanja au Registre des Activités et Célébrations.

Autel dressé par des fidèles sur la plage de Copacabana lors de la fête d'Imanja
Autel dressé par des fidèles sur la plage de Copacabana lors de la fête d'Imanja

Afin de préserver la mémoire de la culture africaine, le décret publié le 30 décembre dernier, inscrit désormais la fête de Iémanja au Patrimoine Culturel Carioca.

"Le syncrétisme religieux est une forme d'expression de la culture afrobrésilienne et, pour cette raison, il est nécessaire de préserver la mémoire culturelle en l'inscrivant dans le Registre des Activités et Célébrations" mentionne le décret.

Un syncrétisme qui célèbre le culte de la mer au Brésil

Le Candomblé, a été introduit au Brésil par les esclaves africains originaires du Bénin et du Nigéria. Longtemps pratiqué en secret car il était interdit par l'Eglise catholique qui cherchait à imposer sa religion, il a réussi à s'exprimer à travers l'identification des divinités africaines aux saints catholiques.

De ce syncrétisme est née le culte Afro-brésilien qui conduit aujourd'hui à célébrer, le même jour, le 2 février, à Salvador de Bahia, Iémanja, la Reine des Océans et la sainte catholique Notre-Dame des Navigateurs, à laquelle elle est identifiée.

Célébrée dans les cultes du Candomblé (Salvador de Bahia et Recife) ou de l'Umbanda (Rio de Janeiro), Iémanja est, au Brésil, la mère de toutes les divinités de la nature (Orixas). Reine des Océans, elle est la protectrice des pêcheurs, mais aussi des mères et des enfants.

Au fil du temps, à Rio, la fête de Iémanja s'est fondue dans le paysage culturel populaire

A Rio, la fête de Iémanja était célébrée, à l'origine, le 31 décembre. Mais avec la "marketisation" du Réveillon qui a apporté son lot de feux d'artifices grandioses et shows internationaux, la fête spirituelle se déroule désormais le 29.

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Fidèles et sympathisants assistent à la mise à l'eau de la barque remplie d'offrandes sur la plage de Copacabana
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Sur la plage de Copacabana, les fidèles, vêtus principalement de blanc (paix), mais aussi de rouge (amour) ou de jaune (prospérité financière) se sont retrouvés à 19 heures, au son des tambours et chants africains, pour danser, chanter et suivre les discours des maîtres de cérémonie. Adeptes et sympathisants ont ensuite rendu hommage à Iemanja en élaborant des autels dans le sable.

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Autel avec un bateau orienté en direction de la plage pour indiquer le retour des pêcheurs
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Ils ont jeté à la mer des offrandes qui symbolisent la féminité (parfums, bâtons de rouge à lèvre, peignes, miroirs, bijoux et fleurs blanches) pour remercier la Reine des Océans de l'année qui s'est écoulée et faire des voeux pour l'année qui vient.

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Jeune femme en prière qui se prépare à jeter sa fleur à la mer
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S'il est de tradition, le 31 décembre à Rio de Janeiro, de se vêtir de blanc et jeter une fleur à la mer en faisant un voeu, c'est qu'en secret, la Déesse des Océans Iémanja, rappelle aux hommes que dans tout rituel culturel et folklorique il existe une origine divine.

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Femme en prière
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