Graça Foster, une femme aux commandes de Petrobras

Exit Gabrielli, vive « Graça ». En quelques jours le sort du président sortant José Sergio Gabrielli, qui détenait pourtant le record de longévité à la tête de la société pétrolière, a été scellé. A sa place, la présidente Dilma Rousseff a promu une des proches, Maria das Graças Silva Foster.

Maria Foster. Présidente de Petrobras. Photo : Petrobras, reproduction, JC
Maria Foster. Présidente de Petrobras. Photo : Petrobras, reproduction, JC

Sa nomination doit être confirmée le mois prochain lors du conseil d‘administration de la société pétrolière, contrôlée par l’Etat brésilien. Le 13 février, Graça Foster va ainsi devenir la première femme à accéder aux commandes de la plus grande entreprise d’Amérique latine, et de l’une des cinq plus grandes entreprises mondiales de pétrole.

Gabrielli, qui avait été nommé par l’ancien président Lula, d’abord au poste de directeur financier en 2003 puis à la tête de l’entreprise deux ans plus tard, se savait en sursis. Avec Dilma Rousseff, qu’il ne connaissait pas avant la victoire de Lula à la présidentielle de 2002, ses relations ont souvent été tendues, voire explosives. Deux tempéraments forts. « On se gifle et on s’embrasse », résumait Gabrielli quelques jours avant de se retrouver sur la touche, en paraphrasant le titre d’une novela récente (« Tapas e beijos »).

Mais Gabrielli rebondit vite : il retrouve son âme de militant politique. Et celui qui avait préparé dans les moindres détails la gigantesque augmentation de capital de Petrobras à la fin 2010, se prépare déjà à briguer le poste de gouverneur de Bahia, dans son Nordeste natal. Rapide reconversion !

Changement de cavalière

Le style de sa remplaçante est totalement différent. Alors que Gabrielli était un novice en matière de pétrole, Graça Foster est entrée à Petrobras en tant que stagiaire en 1978. Avant d’y gravir tous les échelons.

Une vie dédiée aux études (elle décroche un diplôme d’ingénieur puis un doctorat d’économie), après une enfance troublée : née dans l’Etat de Minas Gerais, elle passera son enfance dans la favela du Morro de l’Adeus à Rio de Janeiro.
Les quelques sous gagnés grâce à son travail de chiffonnière lui permettent alors de se payer des fournitures scolaires et d’aider sa mère, dit-elle.

La rencontre avec Dilma Rousseff remonte à la fin des années 90, en marge des travaux du gazoduc entre la Bolivie et le sud du Brésil.

Tout comme Dilma, « Graça » s’est vite taillée une réputation de bûcheuse, austère et dotée d’un sale caractère. Ses compétences techniques sont également largement reconnues.

Mais il ne fait aucun doute qu’avec le tandem Dilma-Graça, la gestion de Petrobras restera avant tout politique et guidée par les intérêts du gouvernement, sans trop compter de l’avis des millions d’actionnaires minoritaires, petits ou grands, brésiliens ou étrangers.

Montée des femmes au pouvoir

L’ascension de la nouvelle reine de l’or noir brésilien confirme en tout cas la montée en puissance des femmes aux postes de commandes au Brésil.

Même si elles restent sous représentées au Congrès, elles occupent actuellement la présidence de la Republique (Dilma Rousseff), la direction de l’administration civile (« Casa Civil », sorte de premier ministre, avec Gleisi Hoffmann), et bientôt, la direction de Petrobras, avec Graça Foster. Sans parler de la demie douzaine de portefeuilles ministériels qui leur ont été confiés. Pas mal en 13 mois de mandat...

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